Après près de trois ans de négociations, la Guinée et les services du FMI sont parvenus, le 11 août 2026, à un accord sur un nouveau programme économique de 41 mois soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant de 425 millions USD.
Par Nanfadima Condé
Ce montant n’est toutefois pas encore décaissé. L’accord reste soumis à l’approbation de la direction du FMI et de son Conseil d’administration, attendue en septembre 2026.
Simandou ouvre un nouveau cycle pour l’économie guinéenne
Avec une entrée en production qui pourrait accroître de 26% le PIB guinéen à l’horizon 2030, selon le FMI, Simandou ouvre une nouvelle phase pour l’économie du pays. Les autorités minières évaluent entre 600 et 700 millions USD ses retombées économiques annuelles. À cette dynamique s’ajoute la montée en puissance de nombreux projets aurifères, notamment Robex Resources, Sanu Gold et Nimba Mining Gold, qui devrait renforcer le poids du secteur extractif. Pour le FMI, l’enjeu sera désormais de transformer cette hausse de la production et des exportations minières en recettes publiques et en gains durables pour l’économie.
Quatre priorités pour transformer la richesse minière
La première porte sur la mobilisation des recettes minières, afin d’accroître les ressources de l’État tout en préservant la viabilité de la dette. Dans ce cadre, le FMI préconise un cadre budgétaire fondé sur des règles de gestion de la richesse minière, avec notamment la création d’un fonds souverain pour mieux encadrer l’utilisation des futurs revenus issus du secteur extractif.
La deuxième priorité concerne le renforcement de la gestion de la liquidité et de la capacité de l’État à absorber les chocs, notamment ceux liés aux fluctuations des prix des matières premières, aux conditions de financement et aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
La troisième porte sur la reconstitution des réserves de change, que le FMI souhaite notamment soutenir par une plus grande flexibilité du taux de change.
Enfin, le quatrième axe porte sur la gouvernance et la transparence, notamment à travers la réforme de la gouvernance de la banque centrale, du cadre régissant les opérations sur l’or ainsi que le renforcement des dispositifs d’intégrité et de lutte contre la corruption. Le programme prévoit également des mesures en faveur du capital humain, de l’emploi hors secteur minier et de la diversification économique.
Une croissance qui devra dépasser les mines
Le FMI relève toutefois une économie encore exposée à certaines fragilités, avec des pressions inflationnistes en hausse et des réserves budgétaires et extérieures inférieures aux niveaux souhaités.
Si le secteur minier reste le principal moteur de croissance, le FMI mise également sur le renforcement des activités non extractives pour élargir la base productive de l’économie.
Les 425 millions USD arrivent ainsi avant les grandes recettes attendues de Simandou. L’enjeu sera de financer cette transition et de préparer le cadre permettant à l’État de tirer pleinement profit du futur cycle minier, en transformant progressivement les revenus extractifs en réserves, investissements et diversification économique.






























