Les exportations guinéennes de bauxite ont atteint 53,9 millions de tonnes au deuxième trimestre 2026, en hausse de 8% sur un an, selon les données du ministère des Mines et de la Géologie (MMG). Au total, 53 892 051 tonnes de bauxite ont été exportées entre avril et juin 2026, contre 49 833 375 tonnes au deuxième trimestre 2025, soit plus de 4 millions de tonnes supplémentaires en un an.
Par Nanfadima Condé
Cette progression pourrait s’expliquer notamment par la montée en puissance de nouveaux opérateurs dans le secteur, parmi lesquels Nimba mining company, Kambia bauxite mining, Rouge mining, Alliance mining commodities, AMC et Gémic. Leur arrivée élargit progressivement le cercle des sociétés exportatrices de bauxite et renforce les capacités d’expédition du pays.
TOP 3 des sociétés exportatrices de bauxite
Avec 16 950 071 tonnes exportées, la Société minière de Boké (SMB) représente environ 31 % des volumes nationaux au deuxième trimestre. Ses expéditions ont toutefois reculé de 16% sur un an, contre 20 247 390 tonnes au deuxième trimestre 2025.
A l’inverse, Chalco affiche la plus forte progression du trio de tête, avec 7 732 539 tonnes, contre 5 582 796 tonnes un an auparavant, soit +38%. La Compagnie des bauxites de Guinée (CBG) arrive en troisième position avec 4 134 084 tonnes, en baisse de 7,3 %.
La progression se retrouve également sur le plan financier. les exportations de bauxite ont généré 16 299,1 milliards GNF au deuxième trimestre, contre 15 303,8 milliards GNF un an plus tôt, soit une hausse de 6,5%, selon les données compilées par Eco finance Guinée à partir des statistiques mensuelles de l’INS.
La transformation locale prend le relais
Cette hausse des exportations intervient alors que la Guinée cherche à accroître la valeur tirée de sa ressource. Trois projets de raffineries d’alumine sont actuellement en construction à Boké, portés par State power investment corporation (Spic), Winning consortium alumina guinea (Wcag), filiale de la SMB, et Chalco guinea company. Leur mise en service est prévue entre 2028 et 2029, selon les autorités minières.
Ces infrastructures doivent permettre de transformer davantage de bauxite localement et de retenir une part plus importante de la valeur ajoutée en Guinée. Les trois projets devraient générer plus de 12 000 emplois directs, en plus des emplois indirects liés aux nouvelles activités industrielles. Cette stratégie intervient alors que les perspectives du marché de l’aluminium restent porteuses : selon Skilling, son prix pourrait atteindre 4 000 USD la tonne en 2030, puis 4 500 USD en 2040.
Avec les raffineries en construction, l’enjeu pour la Guinée sera donc de capter davantage de valeur par tonne produite, plutôt que de compter uniquement sur l’augmentation des volumes exportés.






























