La carte du monde pourrait bientôt changer de visage. L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, le 4 septembre, par 164 voix contre une, une résolution portée par le Togo en faveur de représentations cartographiques donnant une image plus fidèle de la superficie réelle des continents, notamment de l’Afrique.
Baptisée « Correct the Map », l’initiative promeut notamment la projection Equal Earth, conçue pour mieux respecter les proportions réelles des superficies terrestres. Mais cette résolution ne signe pas pour autant la disparition de la projection de Mercator, qui reste particulièrement adaptée à certains usages, notamment la navigation maritime et aérienne.
Le débat a toutefois pris une dimension plus large le même jour, avec la décision de la France de privilégier elle aussi des cartes représentant plus fidèlement les superficies. Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a notamment rappelé que la projection de Mercator agrandit fortement les territoires situés près des pôles et réduit visuellement ceux proches de l’équateur. Sur cette représentation, le Groenland peut ainsi sembler presque aussi grand que l’Afrique, alors que le continent africain est en réalité environ 14 fois plus vaste.
Si la carte ne change évidemment rien à la superficie réelle de l’Afrique, son changement pourrait en revanche modifier la manière dont le continent est représenté et perçu.
À plus long terme, cette évolution pourrait contribuer à corriger certaines perceptions du poids géographique et démographique de l’Afrique. Son effet sur les décisions économiques reste toutefois difficile à mesurer. Une carte ne suffira évidemment pas à modifier les flux d’investissements ou les financements destinés au continent, mais elle peut contribuer, à son niveau, à faire évoluer les représentations qui influencent la perception de l’Afrique auprès des investisseurs, des bailleurs de fonds et des institutions de développement.






























