Après avoir posé les bases de son futur Fonds souverain, la Guinée travaille désormais sur son architecture, sa gouvernance et ses règles de fonctionnement. Si de nombreuses orientations ont déjà été dégagées, le dispositif reste encore à finaliser avant sa mise en place effective. L’atelier du 9 septembre constitue donc davantage une étape de consolidation qu’un aboutissement.
Une architecture encore en construction
Sur le plan juridique, le schéma présenté par Saliou Diallo, directeur général du Bureau stratégique de développement du ministère de l’économie prévoit un fonds constitué sous la forme d’une société anonyme de droit OHADA à capitaux publics. Sa gouvernance devrait reposer sur trois organes : un conseil de gouvernance, un conseil d’administration et une direction générale.
Le dispositif prévoit également des règles encadrant les décisions d’investissement. Au-delà d’un seuil de 5 % du bilan, certaines opérations relèveraient ainsi du conseil d’administration. Le projet entend par ailleurs s’appuyer sur les 24 principes de Santiago, qui constituent une référence internationale en matière de gouvernance, de transparence, de responsabilité, de gestion des risques et de pratiques d’investissement des fonds souverains.
Dans cette architecture, le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget aurait vocation à jouer plusieurs rôles : celui d’actionnaire unique, de bailleur de fonds et d’autorité de tutelle financière du futur fonds.
Mais cette configuration ne signifie pas encore que le Fonds souverain est opérationnel.
Les travaux portent toujours sur le modèle institutionnel, le cadre de gouvernance, les textes juridiques nécessaires notamment les lois organiques, lois ordinaires et décrets ainsi que sur la constitution de l’équipe appelée à assurer son fonctionnement.
Des expertises de taille mobilisées
La préparation du fonds a mobilisé le cabinet SouthBridge, qui intervient notamment sur les volets stratégique et financier, le positionnement du fonds, les modèles financiers et les comparaisons internationales. L’administration publique assure de son côté la revue technique interne.
Sur le volet juridique, Allen & Overy Shearman et Sylla & Partners travaillent sur la faisabilité juridique et le benchmark des fonds souverains existants.
La Banque mondiale intervient pour sa part sur l’évaluation du cadre macro-budgétaire, la revue des finances publiques : la soutenabilité de la dette ainsi que les conditions de transfert des ressources vers le futur fonds.
Il faut rappeler que la création du fonds intervient alors que la Guinée consolide ses fondamentaux économiques, avec une notation souveraine maintenue à B+ et une perspective relevée de « stable » à « positive » par Standard & Poor’s en mars 2026. La croissance est attendue à 8,6 % en 2026, avec l’ambition d’atteindre deux chiffres à l’horizon 2030.
Pour la ministre Mariama Ciré Sylla, l’enjeu est désormais de transformer cette dynamique en croissance durable, en orientant « les revenus miniers vers le renforcement de la capacité financière de l’État et la préparation de l’après-rente minière ».
Le futur Fonds souverain entre ainsi dans une phase où l’enjeu ne sera plus seulement de définir son ambition, mais de traduire cette ambition dans des règles, une gouvernance et un cadre juridique capables d’en garantir la gestion sur le long terme.






























