Le Burkina Faso veut transformer davantage son « or blanc » sur son propre sol. Le 9 septembre, le président Ibrahim Traoré a lancé, dans la capitale économique du pays, le complexe industriel textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF), destiné dans un premier temps à produire localement les uniformes des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Le site doit également fournir des vêtements au marché civil.

Le projet dépasse ainsi la seule question de l’habillement des forces. Il s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation locale du coton, deuxième produit d’exportation du Burkina Faso et source d’environ 60 % des recettes d’exportation du pays. L’objectif affiché est de retenir davantage de valeur sur le territoire, plutôt que de vendre principalement le coton sous forme brute et d’importer ensuite les produits finis.
Du coton à l’uniforme
Avec TEXFORCES-BF, Ouagadougou cherche à construire une chaîne qui va du fil au vêtement. Le complexe affiche des capacités annuelles pouvant atteindre 20 millions de mètres de tissu au tissage, 5 à 6 millions d’unités en tricotage et jusqu’à 20 millions de mètres en finition et teinture. La confection pourrait produire jusqu’à 4 à 6 millions de tenues, plus de 5 millions de tee-shirts et plus d’un million de paires de chaussettes par an.
À terme, les ambitions sont encore plus élevées : transformer jusqu’à 50 000 tonnes de coton par an, porter les capacités de tissage à 100 millions de mètres et dépasser 20 millions de pièces confectionnées chaque année. Le marché national constitue la première cible, avant une montée en puissance vers la sous-région et, à terme, l’international.
Pour Ibrahim Traoré, l’enjeu est d’abord celui de la souveraineté. « Notre souveraineté en matière textile », a-t-il défendu, alors que le coton burkinabè a longtemps quitté le pays avant d’être transformé ailleurs.
Par ailleurs, la création de cette filière textile plus intégrée ne se limite à la seule geste de souveraineté, elle devra stimuler toute une chaîne de sous-traitants et de fournisseurs, avec notamment la création des emplois directs dans le tissage, la filature, la teinture, la confection et la maintenance.
Avec TEXFORCES-BF, le Burkina Faso ajoute une nouvelle pièce à son ambition industrielle, de la transformation du coton à la construction d’infrastructures. L’objectif reste le même : produire davantage localement et créer plus de valeur sur place.






























