Du discours à l’Assemblée générale aux échanges avec António Guterres, des responsables américains et le président sierra-léonais Julius Maada Bio, le passage de Mamadi Doumbouya à New York aura surtout été marqué par une volonté de donner une dimension économique à la diplomatie guinéenne. Simandou 2040, transformation locale, infrastructures et recherche de partenariats ont constitué le fil conducteur de cette séquence.
Par Habib Tapha Sylla
À New York, Mamadi Doumbouya n’a pas seulement pris la parole devant l’Assemblée générale des Nations unies. Autour de cette intervention, le chef de l’État a multiplié les rencontres avec des responsables internationaux et américains, avec en toile de fond une même question : comment faire des ressources et des grands projets guinéens des leviers d’une transformation économique plus large ?
Le contexte politique n’a toutefois pas été totalement absent. Le 23 septembre, une manifestation de ressortissants et d’opposants guinéens s’est tenue à New York en marge de l’Assemblée générale. Les participants ont notamment exprimé leur opposition aux autorités guinéennes. Un épisode qui rappelle que la séquence internationale du président s’est également déroulée sur fond de contestation politique.
Un discours comme une trajectoire économique
Dans son intervention du 23 septembre, Mamadi Doumbouya a présenté les principales orientations de la Guinée en matière de développement. Il a notamment évoqué les infrastructures routières, scolaires et sanitaires ainsi que les projets industriels engagés dans le pays.

Mais au-delà de cette présentation, Simandou 2040 constitue le principal fil économique de son discours. Le programme est présenté comme une vision de développement sur quinze ans, qui doit dépasser l’exploitation du minerai de fer pour toucher à l’agriculture, à l’énergie, à l’industrie, aux infrastructures, à l’éducation et à la santé.
Le président a également mis en avant la transformation locale des ressources, en citant notamment 3 raffineries d’alumine en construction et une raffinerie d’or achevée. L’objectif affiché est de faire davantage de transformation sur le territoire et de créer plus de valeur autour des ressources produites en Guinée.
La question des compétences a également été intégrée à cette vision avec Simandou Academy, présentée comme un dispositif destiné à rapprocher la formation des besoins générés par les grands investissements.
Des rencontres qui ont donné une dimension concrète au message
C’est surtout dans les rencontres organisées autour de l’Assemblée générale, que cette orientation prend une dimension plus économique.
Au lendemain de son intervention, Mamadi Doumbouya a été reçu par António Guterres. L’entretien a porté sur les questions de paix, de sécurité, de gouvernance et de développement, mais aussi sur les perspectives économiques de la Guinée.
Le président guinéen a sollicité la poursuite de l’accompagnement des Nations unies dans le processus de consolidation institutionnelle et de gouvernance participative. Il a également présenté le potentiel des ressources naturelles du pays et l’ambition de les transformer en leviers de développement, notamment à travers Simandou 2040. Il a enfin invité le secrétaire général de l’ONU à se rendre en Guinée.
De plus, avec Washington, les discussions ont pris une dimension davantage liée aux infrastructures et aux investissements. Mamadi Doumbouya a rencontré Massad Fares Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes, le Moyen-Orient et l’Afrique. La coopération entre Conakry et Washington et le TransGuinéen ont notamment été évoqués.

La rencontre avec le président de la Sierra Leone Julius Maada Bio, a de son côté, donné une dimension régionale à cette séquence. Les dirigeants ont discuté du renforcement des relations entre les 2 pays, notamment dans les domaines économique et transfrontalier. Le président sierra-léonais a également invité Mamadi Doumbouya au West Africa Integration and Investment Summit.
Apres New York l’épreuve du résultat
La séquence new-yorkaise aura donc surtout permis à la Guinée de présenter une ambition et de renforcer plusieurs canaux de coopération. Le discours à l’ONU en a posé le cadre, tandis que les rencontres avec les responsables internationaux et américains ont permis d’aborder des dossiers plus concrets.
Reste désormais la partie la plus difficile, traduire cette ambition en résultats mesurables.
La transformation locale des ressources, la participation des entreprises guinéennes, la création d’emplois qualifiés, la diversification de l’économie et l’utilisation des infrastructures par d’autres secteurs seront autant d’indicateurs permettant de mesurer la portée réelle de cette stratégie.































