En 2024, l’Afrique a investi 10 milliards USD dans les infrastructures numériques, un record qui reflète l’ambition des pays africains de rattraper leur retard en matière de connectivité. Mais pour transformer l’essai, le continent devra encore mobiliser 20 milliards supplémentaires d’ici 2030.
À l’échelle du continent, le numérique n’est plus un simple outil, mais un vecteur central de transformation économique. Selon la Banque mondiale, les investissements en infrastructures numériques ont atteint 10 milliards USD en 2024. Ce financement a permis de connecter près de 500 millions de personnes à Internet, confirmant l’essor rapide d’un secteur qui représente désormais 5 % du PIB africain.
La fintech, l’e-commerce, la santé numérique ou encore l’éducation en ligne figurent parmi les domaines les plus dynamiques. Les investissements y progressent de 20 % par an. Dans de nombreux pays, les jeunes pousses du numérique pallient les carences des services publics traditionnels, tout en créant des emplois à forte valeur ajoutée.
L’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya et l’Égypte concentrent l’essentiel de ces investissements, portés par un écosystème entrepreneurial dense, des politiques incitatives et des partenariats internationaux. Mais la fracture numérique reste une réalité, notamment dans les zones rurales ou enclavées.
Pour Solly Malatsi, Ministre sud-africain des Communications, le défi est autant technique que politique : « il est essentiel de veiller à l’harmonisation des politiques afin que nous avancions tous ensemble (…) Il faut supprimer certains obstacles, même artificiels, qui entravent l’accès à la connectivité ».
Son plaidoyer rejoint celui de plusieurs organisations régionales qui militent pour une meilleure coordination des stratégies numériques au sein des communautés économiques africaines. L’objectif : mutualiser les efforts et créer un marché numérique continental cohérent.
Malgré les avancées, le chemin reste long. Le rapport de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) estime à 20 milliards USD le financement supplémentaire nécessaire d’ici 2030 pour aligner le continent sur les Objectifs de développement durable (ODD).
Il s’agit notamment d’étendre les réseaux de fibre optique, renforcer les capacités de stockage des données, mais aussi former une main-d’œuvre qualifiée pour accompagner la transition numérique.






























