Depuis sa nomination le 4 septembre 2023, Ismahill Diaby, occupe les fonctions de Vice-président et Directeur Afrique de l’Ouest et Centrale chez Visa. À la tête des opérations de l’un des leaders mondiaux des paiements numériques présent dans plus de 200 pays dans le monde, connectant consommateurs, entreprises et institutions financières à travers plus de 130 devises, il partage avec nous sa vision pour accélérer l’inclusion financière et la digitalisation des économies de la région.
Avec un réseau qui traite plus de 76 000 transactions par minute à l’échelle mondiale et plus de 4,2 milliards de cartes en circulation, Visa renforce son ancrage en Afrique de l’Ouest et Centrale en s’adaptant aux réalités locales, tout en s’appuyant sur l’innovation et des partenariats solides. Nous avons rencontré M. Diaby pour comprendre les priorités, les défis et les opportunités qui animent sa démarche sur ce territoire exclusif, marqué par un paysage financier en pleine mutation.
Par Habib Tapha Sylla
Comment adaptez-vous votre stratégie aux réalités économiques et technologiques de l’Afrique de l’Ouest ?
En Afrique de l’Ouest et Centrale francophone et lusophone, l’agilité n’est pas une option, c’est une nécessité pour construire la finance de demain. Notre approche s’appuie sur des indicateurs précis : avec seulement 25 % de taux de bancarisation mais plus de 60 % de pénétration mobile et 33 % d’utilisation de l’argent mobile (GSMA, 2023), nous développons des solutions sur mesure comme les paiements mobiles. Nous collaborons avec plus de 140 partenaires banques, fintechs et opérateurs mobiles pour accélérer la numérisation des paiements, qui a connu une croissance de 24 % en 2023.
Comment se concrétise votre collaboration avec les banques locales pour l’inclusion financière ?
Avec nos partenaires bancaires, chaque nouvelle carte Visa est une porte ouverte à l’inclusion sociale et économique. Nous co-créons des produits adaptés (cartes prépayées, portefeuilles mobiles) et menons des campagnes de sensibilisation. Aujourd’hui, plus de 60 % des nouveaux comptes bancaires ouverts dans la région sont digitaux ou hybrides. Nous formons également à l’utilisation sécurisée des services numériques, crucial alors que 60 % des transactions se font encore en espèces.
Assistons-nous à une montée en puissance des partenariats avec les fintechs africaines ?
Ensemble, Visa et les fintechs africaines transforment chaque innovation en une véritable opportunité pour des millions d’Africains. Absolument. Le nombre de fintechs en Afrique subsaharienne est passé de moins de 100 à plus de 500 en cinq ans, avec plus de 2 milliards de dollars d’investissements. Nous avons triplé nos partenariats fintech depuis 2020. Notre collaboration avec Yellow Card sur les paiements transfrontaliers par stable coins illustre cette dynamique innovante pour réduire les coûts de transfert.
Quelles sont les mesures mises en place par VISA pour promouvoir l’adoption des paiements électroniques dans la zone ?
Digitaliser les paiements, c’est donner à chacun la clé d’une économie moderne, rapide et inclusive. Nous avons formé plus de 100 000 commerçants (2021-2023) et touché plus de 5 millions de consommateurs via des campagnes de sensibilisation. Le déploiement de solutions comme le QR code et les cartes virtuelles, combiné à notre approche mobile-first, vise à faire passer la part des paiements électroniques de 20 à 40 % d’ici 2027.
Parlons de la carte Platinum, quelles sont ses particularités par rapport aux autres cartes Visa ?
La carte Visa Platinum est bien plus qu’une carte : c’est un passeport pour l’excellence. Elle offre des assurances voyage et achat, l’accès à plus de 1 000 salons d’aéroport, un service de conciergerie 24/7 et des plafonds de paiement élevés (jusqu’à 100 000 USD/mois). En Afrique de l’Ouest, 30 % des détenteurs utilisent régulièrement ces services premium.
Existe-t-il une offre intermédiaire plus accessible avec des avantages Platinum ?
L’excellence Visa se décline pour chaque profil, sans compromis sur la qualité. Oui, entre nos produits hauts de gamme et les cartes prépayées abordables, nous proposons des options intermédiaires comme Visa Gold et Visa Classic+ avec assurances de base, programmes de fidélité et services dédiés. Cette gamme représente 45 % des nouvelles cartes émises en 2023.
Selon vous, quels sont les principaux obstacles à la démocratisation des paiements électroniques ?
Les défis sont multiples : faible bancarisation (<30 %), préférence pour les espèces (90% des transactions), infrastructure numérique limitée (40 % sans accès internet stable), méfiance digitale (60 % citent la sécurité comme frein) et éducation financière insuffisante. Nous investissons dans l’éducation, la formation et le développement d’infrastructures pour y remédier, tout en innovant avec des solutions comme le tap-to-pay et le QR code pour élargir l’accès aux paiements digitaux.






























