La signature d’un accord intérimaire entre les États-Unis et l’Iran a provoqué une onde de choc sur les marchés pétroliers, les cours s’effondrant pour atteindre des plus bas de trois mois. Selon les données de Reuters, les prix du brut Brent ont chuté de plus de 5 % pour s’établir à 78,96 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a perdu 5,8 %, tombant à 76,05 dollars.
Par Mohamed Barry
Cette chute fait suite à une baisse de près de 5 % la veille, portant les pertes cumulées à environ 30 % par rapport aux pics atteints en pleine crise. L’accord prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite environ un cinquième du commerce mondial de pétrole, permettant à l’Iran de recommencer à vendre son pétrole immédiatement après la cérémonie de signature prévue vendredi. La levée du blocus américain et la promesse d’un retour des flux énergétiques du Golfe ont dissipé une partie importante de la prime de risque géopolitique intégrée dans les prix du brut. Toutefois, les analystes de Reuters soulignent que les exportations de pétrole pourraient prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à revenir à des niveaux normaux, les opérateurs restant prudents face aux risques potentiels de mines dans le détroit et à la lenteur du déminage.
Les perspectives prudentes des experts
Les experts restent divisés sur la trajectoire future des prix, certains mettant en garde contre une reprise trop rapide. Goldman Sachs a revu à la baisse ses prévisions, tablant désormais sur un Brent à 80 dollars le baril au quatrième trimestre 2026, contre 90 dollars précédemment, avec un retour à la normale des exportations du Golfe attendu pour la fin juillet. Mais l’institution souligne que les risques demeurent « bilatéraux » : une reprise plus rapide que prévu pourraient faire chuter le Brent sous les 70 dollars, tandis qu’une résurgence des hostilités ou l’effondrement des négociations le feraient bondir au-dessus de 130 dollars . Patrick De Haan, analyste chez GasBuddy, a qualifié d’« insensé » de croire à un retour immédiat à la normale, prévenant que le moindre faux pas ferait flamber les prix. L’ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton a pour sa part estimée que l’attention de Trump sur les prix à la pompe affaiblissait la position américaine dans les négociations, rendant ses priorités « tellement transparentes » que l’Iran pourrait en tirer parti. Selon lui, cet objectif de faire baisser les prix de l’essence est « si évident » qu’il renforce la main des Iraniens dans les pourparlers.






























