L’Union des instituts de l’audit interne de l’Afrique de l’Ouest (UAI-AO), en partenariat avec l’Association guinéenne des auditeurs (AGA), a organisé les 25 et 26 avril 2025 à l’hôtel Noom de Conakry, la 3e conférence technique sous régionale de l’audit interne. L’évènement a rassemblé neuf pays, dont le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Burkina, le Sénégal, le Mali, la Guinée Bissau et la Guinée autour du thème : « audit interne, acteur majeur de gouvernance des organisations publiques et privées ».
L’objectif de cette conférence était de promouvoir l’audit interne comme levier pour assurer une meilleure gouvernance et plus de transparence dans la gestion publiques et privées. Elle visait également à renforcer la collaboration sous régionale par le partage d’expériences, d’outils et de bonnes pratiques entre les instituts nationaux des pays membres.
Dans son discours d’ouverture, Mamadi Kaba, Président de l’Association guinéenne des auditeurs, a souligné que « l’audit interne, par sa mission d’évaluation indépendante des processus de gouvernance, de gestion de risque et de contrôle, constitue un levier incontournable pour améliorer la performance des organisations ». Il a ajouté que, dans un contexte marqué par de profondes mutations économiques, l’audit interne doit être renforcé pour accompagner efficacement les reformes structurelles engagées dans le pays.
Une fonction essentielle mais confrontée à de nombreux défis en Guinée
L’organisation de cette conférence en Guinée témoigne de l’engagement fort des auditeurs guinéens pour promouvoir de l’audit interne. Cependant, malgré les progrès réalisés, de nombreux défis persistent, freinant le développement de cette fonction dans le pays. Parmi les obstacles identifiés, figurent les faiblesses institutionnelles des structures d’audit, une indépendance fragilisée des auditeurs, des pressions politiques, ainsi qu’un manque de professionnalisation du secteur. A cela s’ajoutent l’insuffisance des moyens techniques et humains et une application souvent partielle des recommandations d’audit.
Gally Amazan, Présidente de l’institut de l’audit interne en Haïti a notamment insisté sur la barrière linguistique : « la majorité des normes sont publiées en anglais », rendant leur appropriation locale difficile.

Des recommandations pour structurer et professionnaliser l’audit interne en Guinée
Les experts réunis à Conakry ont formulé des recommandations visant à structurer et à professionnaliser l’audit interne en Guinée. Ces recommandations incluent la structuration plus approfondie du référentiel règlementaire, la généralisation de la formalisation des chartes d’audit, l’adoption systématique des plans d’audit fondés sur les risques, ainsi que la garantie de l’indépendance effective de la fonction d’audit interne.
Ils ont aussi proposé la création de comités d’audit actifs, l’évaluation qualité au sein des organisations et un renforcement de l’usage des outils numériques dans les pratiques d’audit.
Moussa Diakité, Directeur d’audit interne du Fonds africain de garantie de coopération économique du Bénin, a particulièrement insisté sur la nécessité « d’instaurer les programmes de formation continue afin de permettre aux professionnels de rester aligner sur les meilleures pratiques internationales ».
La conférence s’est ainsi achevée par des ateliers pratiques, permettant de tracer une feuille de route importante pour faire de l’audit interne un pilier de la bonne gouvernance en Guinée et dans la sous-région.































