Le repli des cours des céréales, du sucre et des produits laitiers, a légèrement allégé les prix mondiaux des denrées alimentaires, en juin 2026. Malgré cette détente, les marchés restent soumis à de fortes incertitudes, liées aux conditions climatiques et au contexte géopolitique, prévient l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
L’indice des prix des produits alimentaires de la FAO, a légèrement reculé en juin 2026, traduisant une accalmie sur certains marchés agricoles mondiaux. L’indicateur s’est établi à 130,3 points, en baisse de 0,3 % par rapport au mois précédent, tout en restant 2,2 % au-dessus de son niveau de juin 2025. Cette évolution s’explique principalement, par la baisse des prix internationaux des céréales, du sucre et des produits laitiers, qui a compensé la progression des cours des huiles végétales et de la viande.
Le recul est particulièrement marqué pour les céréales (-3,5 %), sous l’effet de la baisse des prix du blé et du maïs. Les récoltes en cours dans la région de la mer Noire, des perspectives d’offre favorables ainsi qu’un marché de l’énergie moins tendu, ont contribué à détendre les prix. À l’inverse, le riz a poursuivi sa hausse, soutenu par une demande plus forte en Asie et des inquiétudes liées aux conditions météorologiques.
Le sucre a également enregistré une baisse significative (-5,7 %), favorisée par le recul des prix de l’éthanol au Brésil et la dépréciation du réal brésilien. Les produits laitiers ont, eux aussi, poursuivi leur repli (-1,5 %), notamment sous l’effet d’une offre abondante sur le marché mondial.
À contre-courant, les prix de la viande ont progressé de 0,5 %, atteignant un nouveau record, tandis que les huiles végétales ont été soutenues, par la demande croissante en biocarburants notamment, pour l’huile de palme et de colza.
Au-delà de l’évolution des prix, la FAO estime que les fondamentaux du marché restent globalement solides. L’organisation prévoit une production mondiale de céréales de 2,983 milliards de tonnes en 2026, soit le deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré, malgré un léger recul par rapport au record de l’année précédente.
L’organisation appelle toutefois à la prudence. Les phénomènes climatiques liés à El Niño, les tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, ainsi que les incertitudes sur les échanges mondiaux pourraient rapidement modifier l’équilibre des marchés agricoles dans les prochains mois.
La FAO souligne enfin que les crises alimentaires demeurent préoccupantes. Selon son dernier rapport, 41 pays et territoires, dont 31 en Afrique, ont toujours besoin d’une aide alimentaire extérieure, les conflits, les chocs climatiques et le coût élevé des intrants continuant de fragiliser la production agricole et la sécurité alimentaire.





























