Face à la montée des violences et à la pression du Congrès, Dina Boluarte a nommé un quatrième chef de gouvernement en moins de trois ans, ce 15 mai 2025. Une tentative de sauver son mandat fragilisé par les scandales et la défiance.
Pour tenter d’éteindre la fronde parlementaire et calmer la rue, la présidente Dina Boluarte a nommé Eduardo Arana au poste de premier ministre, après la démission de Gustavo Adrianzen. Ce dernier, fidèle parmi les fidèles, a quitté le gouvernement à la veille d’un vote de défiance attendu au Congrès, sur fond de critiques croissantes contre l’insécurité et l’inefficacité de l’exécutif, le 13 mai dernier.
Ancien ministre de la Justice, Eduardo Arana devient ainsi le quatrième chef du gouvernement depuis l’arrivée de Boluarte au pouvoir en décembre 2022. Sa nomination intervient dans un contexte explosif : l’armée patrouille aux côtés de la police, mais les extorsions, assassinats et violences attribués aux gangs ne faiblissent pas.
La présidente Boluarte, dont la popularité oscille autour de 2 %, fait face à une contestation persistante. Son mandat est miné par plusieurs affaires, notamment le « Rolexgate » ou encore une rhinoplastie non déclarée, en violation de la loi. Malgré tout, elle cherche à rester en scène, demandant récemment au Parlement l’autorisation d’assister à la messe inaugurale du pontificat du pape Léon XIV, Péruvien d’origine.
Ce nouveau remaniement, qui a aussi touché les ministères de l’Intérieur, de l’Économie et des Transports, suffit-il à calmer les tensions ? Rien n’est moins sûr, tant la défiance est ancrée. En neuf ans, le Pérou a connu six présidents et une instabilité politique chronique, désormais aggravée par une insécurité grandissante.































