La Chambre de commerce européenne en Guinée (EBO Guinée) a organisé sa deuxième table ronde sur la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) le 5 février dernier, à l’hôtel Palm Camayenne,. Placée sous la direction de Michel Camrrubi, cette rencontre a rassemblé acteurs économiques européens et guinéens autour d’un objectif commun pour comprendre les défis de l’application de la RSE en Guinée et identifier les leviers pour une transition vers des modèles économiques plus durables.
D’emblée, un constat s’est imposé quand Ibrahima Cherif, du cabinet Afrique RSE Guinée, a présenté un baromètre exclusif dont la conclusion est claire : il est indispensable de légiférer plus clairement sur la RSE en Guinée pour passer d’une approche purement philanthropique à une stratégie d’entreprise intégrée.
Delphine Poligné, CEO de LTOI, a insisté sur la nécessité de co-construire les actions avec les bénéficiaires, une RSE efficace devant émerger d’un dialogue sincère avec les populations locales. Maddalena Berlotti, Représentante de l’UNICEF en Guinée, a renforcé cette vision en rappelant que la protection de l’enfance doit être au cœur des préoccupations des entreprises.
La question du cadre légal a été au centre des échanges. Friedrich Conrad, de l’Union européenne en Guinée, a expliqué l’évolution du droit européen, passé d’une approche volontaire à des obligations incluant le devoir de vigilance. Il a également rappelé l’existence de fonds européens dédiés à la RSE, accessibles aux entreprises qui intègrent ces dimensions dans leurs demandes de financement.
Les intervenants du secteur privé ont partagé leurs expériences concrètes. Abdel Aziz Diallo (SG/AFG) et Fodé Diaouné (AGL) ont détaillé leurs actions en matière de diversité, d’inclusion, en citant des initiatives comme l’apport de points d’eau dans les villages reculés et du soutien aux communautés.
Un consensus s’est dégagé sur la nécessité de renforcer le cadre législatif national nécessitant des réformes pour améliorer les mécanismes de contrôle et la participation communautaire, notamment dans le secteur minier. Les discussions ont également abordé l’inclusion financière, l’engagement des parties prenantes pour protéger les droits des femmes et des enfants, ainsi que la mesure d’impact à travers des indicateurs clés.
La RSE pratiquée sans le savoir par des sociétés guinéennes
Lors des échanges qui ont suivi les interventions, un directeur d’entreprise guinéenne a fait un aveu surprenant : il a confié qu’il réalisait des actions de RSE sans connaître la définition ni savoir qu’il en faisait. Cette déclaration a illustré de manière frappante le besoin urgent de sensibilisation évoqué plus tôt par Ibrahima Cherif, du cabinet Afrique RSE Guinée.
Un cocktail pour prolonger les échanges et créer du lien
Mais le vrai temps fort de la journée a peut-être été ce qui s’est passé après les discours. Dans un premier temps, les participants ont pu participer à des rencontres B to B organisées dans une salle dédiée, permettant aux professionnels d’échanger en tête-à-tête et d’explorer des pistes de collaboration.
Par la suite, la journée s’est terminée par un cocktail où les échanges ont pu continuer autour d’un verre, dans une ambiance conviviale. Ce moment de networking a prouvé, s’il en était besoin, que les entrepreneurs ont soif d’échanges et de rencontres.
Créée il y a moins de deux ans, EBO Guinée a réussi son pari : fédérer une communauté d’affaires autour de valeurs communes. Un rendez-vous est déjà pris pour avril, avec une nouvelle table ronde consacrée cette fois aux Ressources humaines.































