Selon le dernier rapport de suivi de la situation économique de la Guinée de la Banque mondiale, publier en octobre 2026, le taux national de pauvreté a baissé en 2025, pour s’établir à 36,8 %.
Les performances de l’économie guinéenne en 2025 et les perspectives à l’horizon 2028
L’économie guinéenne a enregistré une croissance de 7,3 % en 2025, portée par l’augmentation de la production minière, notamment de bauxite, la reprise des services et la progression de l’agriculture. Dans le même temps, l’inflation a reculé à 3,2 %, contribuant à améliorer le pouvoir d’achat des ménages. Le taux national de pauvreté est également estimé en baisse à 36,8 % en 2025. Ces résultats traduisent une progression de l’activité économique, soutenue par plusieurs secteurs, dans un contexte marqué par l’importance croissante des industries extractives.
Les perspectives restent favorables à moyen terme. Avec la montée en puissance du projet Simandou et le développement des exportations de minerai de fer, la Banque mondiale prévoit une croissance moyenne de 9 % entre 2026 et 2028. Cette accélération devrait renforcer le poids du secteur minier dans l’économie guinéenne et accroître les opportunités d’investissement. Toutefois, l’ampleur des retombées dépendra de la capacité du pays à faire bénéficier les autres secteurs de cette dynamique.
Une croissance qui ne garantit pas une réduction durable de la pauvreté
Malgré ces perspectives, les bénéfices de la croissance restent inégalement répartis. Le rapport souligne que l’emploi salarié formel représente une faible part du marché du travail, tandis que la majorité des travailleurs évoluent dans des activités informelles souvent caractérisées par une faible productivité. Dans ces conditions, une croissance principalement portée par les industries extractives risque de générer des retombées limitées sur l’emploi et les revenus d’une grande partie de la population.
Le pays devra donc transformer ses performances macroéconomiques en emplois productifs et en améliorations durables des conditions de vie. L’agriculture, qui représente environ 32 % du produit intérieur brut et plus de 60 % des emplois en Guinée, constitue à cet égard un levier important. Le développement de l’agro-industrie, l’amélioration des infrastructures rurales, de la logistique post-récolte et de l’accès aux marchés pourraient accroître la productivité et les revenus des producteurs. Le secteur privé non minier, notamment les services et les activités liées au contenu local, offre également des possibilités de diversification et de création d’emplois.
Des réformes pour renforcer le secteur privé et favoriser la création d’emplois
Pour mieux répartir les retombées de la croissance, la Banque mondiale préconise plusieurs mesures, notamment le renforcement de la stabilité macroéconomique, l’amélioration de la gestion des finances publiques, la mobilisation des recettes intérieures et une meilleure gestion de la dette. Ces réformes doivent contribuer à préserver les équilibres économiques et à renforcer la capacité de l’État à financer les investissements nécessaires au développement.
Le rapport insiste également sur le développement du secteur privé non minier, l’amélioration de l’accès des petites et moyennes entreprises au financement et le renforcement du contenu local afin d’accroître la participation des entreprises guinéennes aux opportunités générées par Simandou. Les investissements dans l’éducation, la formation professionnelle et les compétences des jeunes, ainsi que la transformation agricole et le développement des chaînes de valeur, figurent parmi les autres priorités.






























