Le gouvernement guinéen réorganise son dispositif de travail, autour de 4 pôles interministériels. Le premier ministre Amadou Oury Bah, a présenté le 28 août à Conakry, une nouvelle mesure visant à renforcer la coordination entre les administrations et à accélérer le traitement des dossiers transversaux.
Le dispositif s’articule autour de 4 ensembles à savoir : souveraineté et gouvernance, économie et transformation productive, infrastructures et développement durable, ainsi que capital humain et solidarité. Au-delà de la réorganisation administrative, l’exécutif entend surtout modifier la manière dont les dossiers publics sont préparés et suivis.
Le défi de l’exécution
La nouvelle organisation intervient dans un contexte où la Guinée, cherche à accélérer la mise en œuvre de ses priorités de développement. Dans ce cadre, la coordination de l’action publique devient un enjeu économique à part entière. Les investissements miniers et les infrastructures associées, mais aussi les projets agricoles, industriels et sociaux, nécessitent l’intervention de plusieurs administrations et une capacité d’arbitrage rapide.
De plus, cette mesure pourrait ainsi être un mécanisme de préparation, de suivi et d’évaluation des travaux des pôles, avec des points focaux désignés au sein des départements ministériels. Ces derniers doivent notamment contribuer à fluidifier la communication, suivre les décisions et faire remonter les difficultés rencontrées dans leur mise en œuvre.
par ailleurs, la nouvelle organisation pourrait également améliorer le suivi des dépenses et des investissements publics, en permettant de mieux rapprocher les décisions gouvernementales de leur niveau d’exécution.
Réduire les blocages administratifs
Cette évolution revêt un enjeu particulier, car les projets d’investissement, notamment dans les infrastructures, l’énergie, les transports, l’agriculture ou l’industrie, mobilisent généralement plusieurs administrations. Leur réalisation peut ainsi dépendre simultanément de décisions budgétaires, foncières, réglementaires, environnementales ou techniques.
Une meilleure coordination peut permettre d’identifier plus rapidement les blocages et de raccourcir les délais de traitement. Elle pourrait également améliorer la circulation de l’information entre les ministères et limiter les chevauchements dans la conception ou l’exécution des politiques publiques.
Des résultats à mesurer
Pour autant, la nouvelle architecture ne garantit pas, à elle seule une amélioration de la performance publique. Le principal défi sera celui de l’exécution. Le gouvernement devra ainsi faire de la coordination interministérielle, un véritable instrument de performance économique.
Si elle permet de réduire les délais administratifs et d’accélérer les investissements, la réforme pourrait contribuer à améliorer l’efficacité de la dépense publique et l’environnement des affaires. À l’inverse, si les nouveaux pôles se limitent à ajouter un niveau supplémentaire, de concertation sans accélérer la prise de décision, leur impact restera limité.
Au final, le véritable test de cette réforme ne sera donc pas son architecture sur le papier, mais sa capacité à produire des résultats sur le terrain.






























