Le CHU Ignace Deen entame son transfert temporaire avant sa reconstruction, sur fond de dégradation des infrastructures et d’insuffisances du plateau technique. Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a annoncé, le 19 août que les activités doivent progressivement être déplacées vers le Camp Camayenne.
Le CHU Ignace Deen se prépare à une transformation majeure. Un rapport du Conseil national de la transition (CNT), présenté en novembre 2025, avait relevé la dégradation de plusieurs infrastructures, notamment au niveau de la morgue, des urgences et de la réanimation, ainsi que l’insuffisance de certains équipements spécialisés, dont l’absence de scanner.
La pression sur l’établissement reste importante. Une étude publiée en juin 2026 sur les urgences chirurgicales a recensé 409 cas sur trois mois, entre octobre et décembre 2024. Près de 40 % des patients étudiés ont nécessité une intervention chirurgicale en urgence, tandis que 21 décès ont été enregistrés aux urgences durant la période.
Face à cette situation, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a annoncé, le 19 août, le transfert temporaire des activités du CHU. Depuis cette date, aucune nouvelle hospitalisation ni intervention programmée n’est admise à Ignace Deen. Les patients déjà hospitalisés poursuivent leur prise en charge, tandis que les nouveaux cas sont orientés vers d’autres établissements selon leur état et les capacités disponibles. À terme, les services doivent être regroupés temporairement au Camp Camayenne, dans l’attente de la reconstruction du CHU.
Cette transition intervient alors que les autorités cherchent à renforcer l’offre hospitalière à Conakry. La ministre de la Santé, Khaïté Sall, a notamment inspecté le 19 août l’Hôpital International Indo-Guinéen de Gbessia Cité de l’Air. L’établissement dispose, selon le ministère, de 160 lits dans sa configuration initiale, avec une capacité extensible à 400 lits. La visite a porté sur plusieurs unités, dont les soins intensifs, le bloc opératoire, la pédiatrie, le centre de transfusion et la morgue, avant sa prochaine inauguration.
Au-delà du transfert, l’enjeu est désormais de réussir la reconstruction d’Ignace Deen tout en garantissant la continuité des soins. Le futur établissement doit notamment disposer d’un plateau technique renforcé et améliorer la prise en charge des pathologies complexes, avec l’ambition de réduire les évacuations sanitaires à l’étranger.
Le chantier s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement des urgences hospitalières. Un projet mené avec Expertise France, doté de 5 millions d’euros sur 48 mois, prévoit notamment d’améliorer la détection et la prise en charge des urgences vitales dans dix établissements, dont Ignace Deen.
Le transfert marque ainsi le passage de la phase de constat à celle de la réorganisation. Le principal défi sera désormais de transformer la reconstruction annoncée en capacités hospitalières réellement opérationnelles, sans compromettre l’accès aux soins pendant la transition.






























