La Guinée franchi une étape décisive dans la modernisation de sa défense avec le lancement officiel des travaux de construction de l’École de guerre de Guinée le 26 juin 2026. La cérémonie de pose de la première pierre s’est déroulée sous le haut patronage du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, au sein du camp Alpha Yaya Diallo à Conakry.
Par Djenaba Sylla
Ce projet stratégique, vise à combler un vide majeur dans la chaîne de formation militaire nationale. Jusqu’à présent, la formation des officiers guinéens s’arrêtait au premier degré de l’enseignement militaire supérieur, les obligeant à concourir pour des places limitées dans des écoles étrangères. Désormais, cette nouvelle infrastructure, s’étendant sur 5 575 m² avec une surface couverte de 4 880 m², offrira un diplôme d’enseignement militaire supérieur du second degré, formant des stratèges capables d’assister le pouvoir politique et le haut commandement dans la planification et la conduite des opérations.
Anticiper les menaces terroristes dans une sous-région vulnérable
La création de cette école répond à une nécessité face à la détérioration du contexte sécuritaire en Afrique de l’Ouest. L’analyse des experts souligne que le terrorisme sahélien, qui a débuté au nord du Mali, progresse inexorablement vers les pays côtiers, menaçant désormais le Bénin, le Togo, le Sénégal et la Guinée. Les récentes attaques en Côte d’Ivoire, notamment à Kafolo et Kaniasso en juin 2020, démontrent que les groupes djihadistes comme le Groupe de goutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Ghali ou l’État islamique au grand Sahara (EIGS) étendent leur influence et recrutent localement, comme en témoigne la présence de combattants ivoiriens parmi les assaillants.. Bien que la Guinée reste actuellement relativement épargnée, cette situation de calme précaire ne doit pas conduire à la complaisance. L’investissement dans la formation d’une élite militaire capable de penser la guerre plutôt que d’appliquer mécaniquement des recettes constitue une anticipation essentielle pour faire face à l’extrémisme violent et prévenir toute infiltration terroriste.
Protéger les ressources minières stratégiques de la Guinée
Au-delà des impératifs sécuritaires, l’École de guerre revêt une importance cruciale pour la protection des richesses minières de la Guinée. Avec ses réserves considérables de bauxite, d’or, de fer et de diamants, la Guinée se positionne comme un acteur clé dans la transition énergétique mondiale, fournissant des minerais essentiels pour les panneaux solaires, les véhicules électriques et les infrastructures d’énergies renouvelables. Le pays dispose également d’un potentiel significatif pour l’hydroélectricité, renforçant encore son importance stratégique à l’échelle internationale.
Cependant, cette richesse attire les convoitises et expose le pays à des risques sécuritaires accrus, les groupes terroristes pouvant chercher à déstabiliser les zones d’extraction minière pour financer leurs activités ou déstabiliser l’État. La formation d’officiers supérieurs capables de planifier la protection de ces infrastructures critiques et de coordonner les opérations de sécurisation des zones minières constitue donc un impératif de souveraineté nationale.






























