Alors que le prix de la viande atteint actuellement environ 80 000 GNF le kilogramme, la Guinée cherche à renforcer sa capacité de production locale. Le ministère de l’Élevage mise sur l’amélioration génétique du cheptel, le développement des terres fourragères et de nouveaux mécanismes de financement pour accroître l’offre de viande et de lait.
Par Habib Tapha Sylla
Le ministre de l’Élevage, Alpha Bacar Barry, a annoncé l’introduction de 2 500 bovins de races brésiliennes, dans le cadre du Programme national d’amélioration génétique bovine 2026-2035. Cette opération constitue une 1ere étape d’un programme visant à introduire progressivement 5 000 bovins améliorés dans le pays.
Une capacité de production à renforcer
L’enjeu pour la Guinée est d’abord d’améliorer la productivité de son élevage. L’introduction de races brésiliennes doit permettre d’obtenir des animaux présentant de meilleures performances en matière de production de viande et de lait.
Cette démarche intervient alors que la viande reste un produit alimentaire essentiel dont le prix pèse de plus en plus sur les ménages. Mais l’impact sur les prix ne sera pas immédiat, l’augmentation de l’offre dépendra de la reproduction des animaux, de leur alimentation, de leur suivi sanitaire et de leur intégration dans les exploitations locales.
À terme, l’ambition est donc de disposer d’un cheptel plus productif, capable de contribuer davantage à l’approvisionnement du marché national en viande et en lait.
Des terres pour accompagner le cheptel
Le développement du cheptel suppose également de sécuriser son alimentation. Le ministère de l’Élevage travaille ainsi à la mobilisation de terres destinées aux pâturages et à la production fourragère.
Alpha Bacar Barry s’est notamment rendu sur un site d’environ 24 000 hectares à Boké, identifié pour accueillir le programme d’amélioration génétique bovine, en compagnie de partenaires sénégalais, maliens et brésiliens.
Le ministère travaille également avec le département de l’Agriculture, pour la mise à disposition de plus de 6 000 hectares destinés à la production fourragère. L’objectif est de garantir une alimentation suffisante au cheptel et d’éviter que l’introduction de races plus productives ne soit limitée par le manque d’aliments.
Plus d’actions pour structurer le secteur
Au-delà de l’amélioration génétique, le gouvernement veut désormais agir sur les conditions économiques de l’élevage. L’accès au financement constitue notamment, un enjeu central pour permettre aux jeunes éleveurs, d’accéder aux bovins améliorés et de développer leurs exploitations.
Le ministère envisage ainsi des mécanismes permettant aux bénéficiaires, de rembourser les animaux reçus en numéraire ou en lait, avec un accompagnement technique. Cette approche doit permettre de faire circuler progressivement les animaux, tout en créant une activité génératrice de revenus pour les éleveurs.
Mais pour rendre le modèle durable, d’autres maillons devront également être renforcés : alimentation animale, services vétérinaires, infrastructures d’élevage, collecte du lait, transformation et commercialisation de la viande.
La réussite du programme dépendra donc moins du seul nombre de bovins introduits, que de la capacité à construire autour d’eux une véritable chaîne de valeur. C’est à cette condition que la Guinée pourra transformer, son potentiel pastoral en production, revenus et valeur économique.






























