Face à la crise sécuritaire et humanitaire qui a entraîné une multiplication des interventions d’acteurs divers, le gouvernement burkinabè, par la voix du ministère de la Famille et de la Solidarité, a décidé de mettre de l’ordre dans ce secteur. L’objectif est de renforcer la gouvernance, assurer une meilleure coordination et, surtout, placer la dignité des personnes bénéficiaires au cœur de l’action humanitaire.
Lors du Conseil des ministres du 2 juillet 2026, présidé par le Capitaine Ibrahim Traoré, a adopté un décret portant réglementation des interventions dans le domaine humanitaire au Burkina Faso. Ce texte instaure un cadre strict pour encadrer les nombreuses organisations gouvernementales, non gouvernementales, associations et partenaires internationaux qui interviennent sur le territoire.
Le décret va plus loin en posant des règles concrètes sur le terrain. Pour lutter contre une pratique jugée humiliante, il est désormais formellement interdit d’exposer l’image des personnes vulnérables derrière des dons tels que des sacs de riz ou de mil. L’objectif est de valoriser la personne, et non de la réduire à l’image d’un bénéficiaire passif. Par ailleurs, le gouvernement a également mis l’accent sur la consommation locale : tout don alimentaire devra désormais être acquis prioritairement sur le marché burkinabè. Cette mesure vise à soutenir l’économie nationale et à encourager une forme de solidarité qui profite à l’ensemble du pays. Enfin, le décret impose un rééquilibrage budgétaire des organisations : celles-ci devront désormais flécher 60 % de leurs financements vers le relèvement précoce et l’autonomisation des bénéficiaires, réduisant ainsi leur dépendance à l’assistance, et 80 % des ressources devront être directement alloués à la satisfaction des besoins des populations.
Désormais, toute organisation devra également être accréditée, ce qui permettra à l’État d’avoir un regard précis sur leur répartition et leurs zones d’intervention. Dans un souci de cohérence et d’efficacité, les actions devront être alignées sur les priorités nationales, et une traçabilité rigoureuse des interventions sera assurée. La ministre de la Famille et de la Solidarité, le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a souligné que « désormais, l’assistance humanitaire se fera au Burkina Faso dans le strict respect de la dignité des personnes vulnérables ».






























