Les autorités maliennes annoncent avoir récupéré plus de 760 milliards FCFA auprès des sociétés minières en 5 ans. Ce résultat est attribué aux réformes engagées depuis 2021 pour renforcer la gouvernance du secteur extractif.
Le Mali accélère sa reprise en main du secteur minier. Depuis le début de la transition, les autorités affirment avoir récupéré plus de 760 milliards FCFA auprès des compagnies minières sous forme de redevances réévaluées et d’impôts impayés, à la faveur d’audits et d’une refonte du cadre réglementaire du secteur.
Présentant le bilan des réformes engagées depuis 2021, le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, a indiqué que ces ressources ont été reversées au Trésor public afin de renforcer la contribution de l’industrie extractive au financement de l’économie nationale.
Au cœur de cette stratégie figure l’adoption, en 2023, d’un nouveau Code minier et d’une loi sur le contenu local. Ces réformes ont notamment porté à 35 %, contre 20 % auparavant, la participation cumulée de l’État et des investisseurs nationaux dans les projets miniers. Les autorités ont également supprimé plusieurs avantages fiscaux accordés aux sociétés minières, notamment certaines clauses de stabilité fiscale qui limitaient l’ajustement des prélèvements lorsque les cours de l’or progressaient fortement.
Au-delà de l’augmentation des recettes publiques, Bamako cherche à accroître les retombées économiques locales du secteur. Les compagnies minières sont désormais davantage incitées à recruter de la main-d’œuvre malienne et à recourir aux entreprises nationales dans leurs activités de sous-traitance. Cette stratégie s’accompagne d’une politique visant à mieux redistribuer les revenus miniers. En 2026, le Fonds minier de développement local a transféré 18,4 milliards FCFA à 819 communes pour financer des projets dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’hydraulique et des infrastructures routières.
Parallèlement, le gouvernement mise sur la transformation locale des ressources. La construction d’une raffinerie nationale d’or, en partenariat avec la Russie, doit permettre au pays de capter une part plus importante de la valeur ajoutée générée par son principal produit d’exportation.
Par ailleurs, le Mali entend également réduire sa dépendance à l’or. Avec l’entrée en production du projet de lithium de Bougouni, après celui de Goulamina, le pays renforce sa présence sur le marché des minerais stratégiques utilisés dans la fabrication des batteries électriques.






























