De retour de ses premières vacances présidentielles officielles en Grèce, le général Mamadi Doumbouya a signé son grand retour sur la scène politique guinéenne. Après une investiture en janvier 2026 qui l’a consacré premier président de la Ve République et un remaniement gouvernemental en juillet, le chef de l’État semble vouloir incarner une nouvelle image, celle d’un président combatif, déterminé à assainir la gestion des affaires publiques et à mettre fin à l’impunité.
À peine rentré de son séjour en Grèce, Mamadi Doumbouya a frappé fort. Dans la nuit du vendredi 21 août 2026, il a limogé deux ministres : Mory Condé (Emploi, Travail et Protection sociale) et Mourana Soumah (Communication, Économie numérique et Innovation), ainsi qu’un conseiller à la Présidence. Si les décrets ne précisaient aucun motif, le président a pris la parole sur les réseaux sociaux pour justifier ces décisions par la lutte contre la corruption et l’exigence d’exemplarité. « contre la corruption, ma main ne tremblera pas. Aucun rang, aucune fonction, aucune proximité ne met quiconque à l’abri de la rigueur républicaine », a-t-il écrit, envoyant un signal fort à l’ensemble de l’appareil d’État. Et ce ne serait qu’un début selon des sources proches du pouvoir, d’autres ministres et hauts cadres pourraient être concernés dans les prochains jours, semaines ou mois. Les établissements publics ne seraient pas épargnés par les enquêtes sur la gestion des fonds publics.
Alors que la Guinée entre dans une nouvelle séquence politique après les élections législatives, une question demeure : ce retour en force est-il un véritable changement de cap ou un simple signal pour la rentrée ? Le président a beau affirmer que « cette exigence s’inscrit dans nos trois objectifs de refondation», les guinéens attendent désormais des actes concrets comme des audits transparents, des sanctions exemplaires et une volonté affirmée de placer « les personnes qu’il faut au poste qu’il faut ». Car comme le soulignent les observateurs, la Refondation ne peut pas être un simple slogan.
La main du président ne tremblera-t-elle pas lorsque les dossiers sensibles toucheront des proches ? Les enquêtes annoncées seront-elles menées jusqu’au bout ? Et ce nouvel élan résistera-t-il aux pesanteurs d’un système que beaucoup disent gangrené ? Autant de questions auxquelles les prochaines semaines devront apporter des réponses, pour que ce retour en force ne soit pas qu’une illusion.
Car au-delà de la sanction, c’est tout le climat des affaires qui doit être assaini. Une lutte efficace contre la corruption est en effet la condition pour confirmer la confiance des investisseurs, nationaux comme étrangers, et pour instaurer un environnement économique sain, transparent pour entrer dans une ère de prospérité partagée.






























